dimanche 7 août 2016

Dimanche 20 octobre 2002 : Col de Font de Cère – col de Serre.

Au matin, nous sommes réveillés par des chasseurs qui se rassemblent au col. Tous les éléments d’une journée magnifique sont présents : le givre, la forêt aux couleurs d’automne, le soleil…

A 10h, je commence à grimper dans la forêt ensoleillée. Et dire que j’ai oublié mes jumelles !
Plus haut la végétation arbustive s’arrête ; j’atteins la limite des pâturages et je rejoins une clôture sur la ligne de crête entre la vallée de la Cère et la vallée de la Jordanne, au col de Combenègre (1530 m). Une sente peu marquée et humide conduit au col de Rombière, en contrebas du puy Bataillouse. Je continue sur le flanc ouest du puy jusqu’au col de Cabre. Tout autour, des troupeaux de salers.
Le Cantal possède un territoire d'estive de plus de 60 000 ha. Ces hauts pâturages de montagne sont une réalité économique très importante pour l'agriculture cantalienne.
Depuis le col de Cabre, le GR 400 passe à flanc du Peyre Arse et rejoint la crête centrale.
Les crêtes de la zone centrale ne sont que les ruines d'un imposant stratovolcan dont les manifestations furent exceptionnellement violentes il y a 13 millions d'années. Les éruptions, les effondrements, les périodes de repos se seraient succédés jusque vers - 2 millions d'années. Les coulées les plus récentes constituent les basaltes des plateaux qui forment les différentes planèzes. Les grandes vallées radiales furent remodelées par les glaces il y a quelque 10 000 ans, l'érosion façonnant les traits de la géomorphologie actuelle.

Vue d’ensemble impressionnante. Je retrouve la neige par plaques. Le vent souffle sur la crête. Des randonneurs sont encore assez nombreux (à pied, à raquette ou à ski). Je progresse vers un sommet à 1677 m, et je me dirige vers la brèche de Rolland. Accumulation de roches volcaniques fragmentées, sur des coulées de trachyandésite, la brèche de Rolland est une cassure dans la crête. Le passage est délicat. Les mains ne sont pas de trop pour la franchir. Quelques pitons dans la roche sont bien utiles pour prendre appui et remonter la paroi d’en face.
Je gravis alors le puy Mary. C’est un dôme formé par accumulation de lave visqueuse au-dessus de la cheminée d’alimentation. Le dénivelé est important. Je grimpe difficilement dans la rocaille sur un flanc sud extrêmement raide. Pendant l’effort, j’aperçois en contrebas Viviane et Oscar qui descendent sur la route du col vers les burons d’Eylac. J’atteins le sommet (1783 m). Je fais une brève pause à la table d’orientation. Là, surprise, c’est plein de monde ! En effet, l’autre versant (le flanc nord) est beaucoup plus accessible aux piétons. C’est même un sentier bétonné qui descend jusqu’au pas de Peyrol, un col à 1588 m, intersection de trois routes, point nœudal de l’éclatement des vallées : au nord, elles débutent brutalement en cirque pour aller en s’évasant, berceaux réguliers creusés et peaufinés par les glaciers.
Bétonné, ça ne veut pas dire que ça ne glisse pas (glace et verglas) ! En bas, les touristes affluent à la terrasse du café-restaurant, profitant d’une belle journée d’automne. Je descends en contrebas (par la boucle de la vallée du Claux), empruntant une voie romaine incertaine et marécageuse dans les pâtures et les rochers, en deçà ou au-delà de la route. Les zones non exposées sont encore gelées.

J’arrive aux burons d’Eylac, une buvette en bord de route. Viviane n’est plus là. Je commence à fatiguer. J’entre dans une prairie puis je longe une crête herbeuse et boisée jusqu’au col de Serre où j’arrive à 14h, affamé. Viviane et Oscar viennent à peine d’arriver. Partis à ma rencontre, ils ont rebroussé chemin quelques minutes avant de me rencontrer. Nous mangeons sur place dans le camping-car. Nous en repartirons à 16h30, après avoir fait une petite sieste.

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